samedi 18 octobre 2014

Manplace

Ce soir je suis dans la maison où j'ai passé mes premiers jours.
Seule.
Elle est grande, il fait nuit, mais je m'y sens bien. C'est ce qu'on doit appeler "Manplace" dans les iles, un homme d'un endroit. Il me semble donc que mon corps reconnait cet endroit, et s'y plait. Malgré des circonstances tristes, puisque ma grand mère chérie nous a quittés il y a peu, je regarde les étoiles avec bonheur et je me love dans ces racines qui sont les miennes.
Merci mamie.
Mc Ginley
Bonne nuit...

vendredi 12 septembre 2014

Eveil

Il semble que ce soit toujours avec une certaine émotion que je doive me rendre aux rencontres d' Arles. Et là s'accomplit une sorte d'accalmie, dans la contemplation du monde à travers le regard d'autres. Une autre forme de frémissement survient alors. Plus distancié, quelque part comme hors de moi, entre les êtres et les choses, le temps suspendu, un frémissement qui dit la beauté entre les lignes, et qui à lui seul est une raison d’être là, encore.


Chema Madoz




Cyril Jazbec, jeune slovène, va à la rencontre d'un peuple du groenland, et montre un des derniers vieux chasseurs vivant de façon traditionnelle. Comme toutes les histoires de poissons, et de vieilles personnes, j'y suis sensible.




Kechun Zhang, parcourt le fleuve jaune, et nous offre un moment de poésie en dehors du tumulte de la vie trépidante chinoise.




Travail particulièrement construit et intéressant: Patrick Willocq met en scène la vie de jeunes wallé à partir de chansons de ces congolaises, isolées pendant la période d'allaitement de leur enfant. Le résultat semble une image naive, comme une carte postale colorée, mais elle reflète une réalité exprimée ici à travers les femmes elles mêmes.


     
  
La collection Walter présente différentes approches de séries objectives, rassemblant des œuvres aussi diverses que singulières, certaines fondatrices du principe, comme les bâtiments des allemands Bernd et Hilla Becher ou les portraits d'August Sanders. Parmi elles, l'art enseigné par les plantes de Karl Blossfeld, ou l'inoubliable et révolté Zhang Huan.






Après la contemplation, l'éveil; et ces images nous invitent à regarder vraiment, encore, et à ne pas sombrer dans la passivité.




mardi 13 mai 2014

Stambouliote


A Istambul, d'abord, nous avons rencontré le belge.
Et en rentrant, mangé une fraise, mûre, sur notre micro jardin suspendu de parisiens.


A Istambul, nous avons fumé la chicha, avec mon amie bretonne et mon amis slovène.
Et en rentrant, respiré l'air presque frais d'après la pluie et le vent.
A Istambul nous avons découvert la mosquée bleue, mangé des poissons frits avec les vieux turcs devant la corne d'or, vu des chats, bu du raki, dansé avec des inconnus, regardé des vidéos féministes, mis des sacs plastiques pour ne pas mouiller nos chaussettes, trouvé des parapluies, perdu des parapluies, puis trouvé d'autres, bu du raki, écouté l'appel à la prière devant le Bosphore, mangé dans un restaurant très nul, et aussi dans un très bon, vu d'autres chats, monté des petites rues étroites, pris le bateau sous la pluie, et vu beaucoup d'autres chats.


Et en rentrant j'ai fermé les yeux, et écouté l'appel a la prière monter...et se refléter quelque part entre le Bosphore et la Seine.




lundi 24 février 2014

petit chapeau nomade




Vent des grandes marées, soleil haut.
Les dunes de la baie de somme nous ont servi de rivage pour le shooting de la nouvelle collection AH 2014 2015 d' Ambrym.





Imprimés Montgolfière, chapeau fier, la belle rêve de grands espaces...






rendez vous à Tranoi ce week end
pour présenter ce petit chapeau au monde...

mercredi 22 janvier 2014

Madriz mola





Le nouvel aéroport est beau, courbe et solaire, mais vide, à l'image de cette bulle immobilière laissée en friche par la crise. Difficiles les temps le sont certainement, mais les jeunes espagnols ont de l'énergie, encore.



10 ans et plus nous éloignent de la peseta, et je retrouve la capitale un peu plus ikea et un peu moins movida. Et pourtant...et pourtant, la nuit, les langues se délient, les barbus sont de sortie et la via lactea est toujours là.
Madrid c'est guay, super chulo tout ça!




Quand je sens la joie madrilène en moi, je me dis que les échanges erasmus n'auront pas été qu'une vaste entreprise de communication éolienne.






oui Madriz mola!

mardi 3 décembre 2013

November rain


Novembre sous la coupe du grand palais, petit extrait, section Asie: 
Redécouverte des magnifiques japonais: Moriyama, Araki, Tomatsu


découverte de jeunes coréennes

Jun Ahn
Jun Ahn


Ina Jang

et de petits lapins chinois, jeunes aussi, et très bons nageurs.

Zhou Hongbin





mardi 26 novembre 2013

parigi



Paris m'avait manqué et je ne le savais pas.
Je redécouvre son ciel, sa lumière matinale, ses belles pierres.
Ses terrasses, ses petits cafés au comptoir.



 


Ma rue en un an a changé. Des restaus et des boutiques nouvelles ont ouvert tous les 3 mètres.
Les parisiens pourtant ne semblent pas voir qu'ils ont de la chance, peut etre comme moi il y a encore quelques mois... Cette ville soupire comme une enfant gatée qui regarde son nombril, et celui se dilate tant qu'il finit par cacher la surface de la terre derrière lui. Il occupe l'espace, seul dans l'univers et se laisse osculter sans complaisance.

Il semble qu'il faille partir pour mieux revenir.
Le regard apaisé, je retrouve la ville sur un air de samba.


 


samedi 23 novembre 2013

les oiseaux et les toiles



La Fiac s'ouvre sur le grand arbre d'Ai Wei Wei.
Comme le dit son agent, en effet on ne peut pas le louper.

On peut venir ici pour les œuvres, ou se montrer peut être et au passage on croise pas mal d'énergumènes, oiseaux en tous genres, vieux riches érudits, nouveaux riches grossiers, petits prétentieux et autres.
Je n'y prête pas attention, mais celui qu'il m' a plu de voir, c'est le grand et sec Roger Ballen, déja rencontré à Rio, et qui m'avait pas mal impressionnée je dois dire.
Voilà pour la faune.
Quant aux oeuvres, extrait.

Poliakoff


kees Goudzwaard




Amusant les jeux de mots néons de Jean Dupuy,


et l'incroyable Anish Kapoor avec ses soucoupes à facettes.




un animal de compagnie, qui symbolise lui aussi une facette de ce que l'on trouve ici

Wim Delvoye

Joli pied de nez. Ou pied de cochon qui sait.

 






vendredi 11 octobre 2013

Arles in black


Quand vous êtes quelque part où vous n'avez pas envie d’être, que faites vous?

Vous fermez les yeux?
Vous vous mettez un casque sur les oreilles?
Ou vous partez?


La première semaine de mon retour à Paris, je ne savais pas quoi faire de mes 2 jambes et de mes 2 bras. Pas de plage. Pas de forêt. Pas de musique dans la rue. Mais que faire dans cette ville avec mon corps en larmes?
Alors j'ai eu une idée, très simple: prendre un billet de train.
Pour Arles.

 Là le temps s'est arrêté, et j'ai pu déambuler en toute lenteur dans les courettes, les ruelles et les chapelles. Le vide, le ciel bleu et des rectangles accrochés à la verticale.




Sugimoto bien sur, en couleurs ou en noir et blanc. Avec lui l'homme n'est plus rien face à la course de la lune, spectacle qui nous précède et nous survit. Horizon vertical comme vu par un oiseau lors d'un looping, et l'on plonge dans ces océans immuables.
"Ce que nous pouvons expliquer du monde est infime par rapport à ce que nous ne pouvons pas expliquer". La contemplation se fait notre compréhension sensible. On retrouve cet univers zen chez Lee Ufan, dont les pierres énigmatique s'offrent au visiteur comme support de méditation.




Penone lui aussi travaille le temps, le remonte et le déroule, nouant l'homme et la nature de façon
 indélébile, jouant avec les forces des éléments. Son paysage préféré est la ruine envahie par les lianes. Comme dans ce clip de Gondry pour Bjork...





Encore la nature et l'homme:
Arno Rafael Minkkinen met en scène son corps dans les paysages du nord de l'Europe.
Graphique et poétique.





Merci à toutes ces surfaces noires et blanches, à leur façon elles m'ont aidé à accepter mon billet retour.
Et la nostalgie à la japonaise, n'est pas triste.

Après la nuit, revient le jour...