mercredi 22 janvier 2014

Madriz mola





Le nouvel aéroport est beau, courbe et solaire, mais vide, à l'image de cette bulle immobilière laissée en friche par la crise. Difficiles les temps le sont certainement, mais les jeunes espagnols ont de l'énergie, encore.



10 ans et plus nous éloignent de la peseta, et je retrouve la capitale un peu plus ikea et un peu moins movida. Et pourtant...et pourtant, la nuit, les langues se délient, les barbus sont de sortie et la via lactea est toujours là.
Madrid c'est guay, super chulo tout ça!




Quand je sens la joie madrilène en moi, je me dis que les échanges erasmus n'auront pas été qu'une vaste entreprise de communication éolienne.






oui Madriz mola!

mardi 3 décembre 2013

November rain


Novembre sous la coupe du grand palais, petit extrait, section Asie: 
Redécouverte des magnifiques japonais: Moriyama, Araki, Tomatsu


découverte de jeunes coréennes

Jun Ahn
Jun Ahn


Ina Jang

et de petits lapins chinois, jeunes aussi, et très bons nageurs.

Zhou Hongbin





mardi 26 novembre 2013

parigi



Paris m'avait manqué et je ne le savais pas.
Je redécouvre son ciel, sa lumière matinale, ses belles pierres.
Ses terrasses, ses petits cafés au comptoir.



 


Ma rue en un an a changé. Des restaus et des boutiques nouvelles ont ouvert tous les 3 mètres.
Les parisiens pourtant ne semblent pas voir qu'ils ont de la chance, peut etre comme moi il y a encore quelques mois... Cette ville soupire comme une enfant gatée qui regarde son nombril, et celui se dilate tant qu'il finit par cacher la surface de la terre derrière lui. Il occupe l'espace, seul dans l'univers et se laisse osculter sans complaisance.

Il semble qu'il faille partir pour mieux revenir.
Le regard apaisé, je retrouve la ville sur un air de samba.


 


samedi 23 novembre 2013

les oiseaux et les toiles



La Fiac s'ouvre sur le grand arbre d'Ai Wei Wei.
Comme le dit son agent, en effet on ne peut pas le louper.

On peut venir ici pour les œuvres, ou se montrer peut être et au passage on croise pas mal d'énergumènes, oiseaux en tous genres, vieux riches érudits, nouveaux riches grossiers, petits prétentieux et autres.
Je n'y prête pas attention, mais celui qu'il m' a plu de voir, c'est le grand et sec Roger Ballen, déja rencontré à Rio, et qui m'avait pas mal impressionnée je dois dire.
Voilà pour la faune.
Quant aux oeuvres, extrait.

Poliakoff


kees Goudzwaard




Amusant les jeux de mots néons de Jean Dupuy,


et l'incroyable Anish Kapoor avec ses soucoupes à facettes.




un animal de compagnie, qui symbolise lui aussi une facette de ce que l'on trouve ici

Wim Delvoye

Joli pied de nez. Ou pied de cochon qui sait.

 






vendredi 11 octobre 2013

Arles in black


Quand vous êtes quelque part où vous n'avez pas envie d’être, que faites vous?

Vous fermez les yeux?
Vous vous mettez un casque sur les oreilles?
Ou vous partez?


La première semaine de mon retour à Paris, je ne savais pas quoi faire de mes 2 jambes et de mes 2 bras. Pas de plage. Pas de forêt. Pas de musique dans la rue. Mais que faire dans cette ville avec mon corps en larmes?
Alors j'ai eu une idée, très simple: prendre un billet de train.
Pour Arles.

 Là le temps s'est arrêté, et j'ai pu déambuler en toute lenteur dans les courettes, les ruelles et les chapelles. Le vide, le ciel bleu et des rectangles accrochés à la verticale.




Sugimoto bien sur, en couleurs ou en noir et blanc. Avec lui l'homme n'est plus rien face à la course de la lune, spectacle qui nous précède et nous survit. Horizon vertical comme vu par un oiseau lors d'un looping, et l'on plonge dans ces océans immuables.
"Ce que nous pouvons expliquer du monde est infime par rapport à ce que nous ne pouvons pas expliquer". La contemplation se fait notre compréhension sensible. On retrouve cet univers zen chez Lee Ufan, dont les pierres énigmatique s'offrent au visiteur comme support de méditation.




Penone lui aussi travaille le temps, le remonte et le déroule, nouant l'homme et la nature de façon
 indélébile, jouant avec les forces des éléments. Son paysage préféré est la ruine envahie par les lianes. Comme dans ce clip de Gondry pour Bjork...





Encore la nature et l'homme:
Arno Rafael Minkkinen met en scène son corps dans les paysages du nord de l'Europe.
Graphique et poétique.





Merci à toutes ces surfaces noires et blanches, à leur façon elles m'ont aidé à accepter mon billet retour.
Et la nostalgie à la japonaise, n'est pas triste.

Après la nuit, revient le jour...

mardi 24 septembre 2013

le cousin mexicain






Le jardin botanique de Rio fait preuve parfois d'une inventivité intéressante. Par exemple, ils ont offert une entrée à vie au cousin mexicain de spider man.





  


Celui ci aime particulièrement flâner dans le jardin les dimanches de pluie.
C'est que lorsque le ciel est gris, les oiseaux sortent de leurs cachettes, et les petits animaux s'aventurent près des points d'eau. Il connait bien les toucans, les aigrettes, les perruches, les saguis et les écureuils qui vivent ici. Il leur vole même la vedette, car les visiteurs sont toujours ravis de le rencontrer. Pour nous il a accepté de se prêter un moment au jeu photographique.




Son arbre préféré?
Le pau brasil, évidemment.
Pourquoi reste-il ici?
Pour le sourire des cariocas.
Son petit secret?
Il adore le feijão!

Retour sur la biennale


Je profite du non assujettissement de ce blog à l'actualité pour revenir sur une "vieille" histoire, la biennale de São Paulo.
Il y a quelques mois, je prenais l'avion pour cette capitale, que l'on me disait toute frémissante d'énergie. On me la décrit laide, et dangereuse aussi, mais ce n'est pas cette joue là qu'elle me tendit.
Des parcs, des musées des jeunes branchés et des restaux sympas. Il faut avouer que j'ai la chance d'atterrir dans un des plus beaux quartiers, la villa Magdalena.
Et il y a la biennale, dans un grand cube de béton. Je m'attends à une file monstre, et je suis déjà toute prête à méditer dans la file. Mais non. Pas de file, pas de ticket, c'est gratuit. Et des sourires renversants en prime. Les jeunes guides me tendent le plan. Ca y est je n'ai encore rien vu et je suis déjà conquise.
Le commissaire principal, pour la première fois n'est pas brésilien, mais vénézuélien, et le thème est la poésie.


Quelques artistes et oeuvres que j'ai envie de partager ici:

 Artur Bispo do Rosário, très connu au Brésil mais beaucoup moins en France. Fou, il a fabriqué un univers fascinant depuis sa chambre.


  

L'américaine Sheila Hicks et son travail textile subtil, entre techniques traditionnelles et langage moderne.




Edouardo Gil qui met en scène troublantes pratiques divinatoires et matelas orphelins.



L'Américain David Moreno, avec ses open doors, et son travail sur le silence.


La traversée de la rivière en musique de Fernando Ortega...
Au rayon photo, Mark Morrisroe, particulièrement touchant.








vendredi 20 septembre 2013

Samba meu


         Avant de quitter Rio, nous sommes retournés une dernière fois à la roda de Samba de la plaça San Salvador. Dans le quartier de laranjeiras, cette petite place tranquille accueille une roda de samba tous les samedis soirs. Une sorte de session jam autour d'une petite gloriette, où chacun peut chanter ou se joindre aux musiciens.


Ici ce sont les "vieux" qui mènent la danse: à 70 ans ils badinent, se dandinent et invitent les filles.
Je pensais que c'était sympa d' être vieux en Espagne, mais je n'avais encore rien vu.

La samba emplit l'air et comble les ravines sociétales: se rassemblent là bourgeoisie et sdf, candidats aux élections et simples d'esprits. Ils entonnent en choeur ces tubes qui parlent de carnaval souvent, d'amour presque toujours. Ici on n'est pas snob et on chante en regardant les autres dans les yeux.



La chanteuse ou le chanteur ne minaude pas. Il est beau mais n'en joue pas.

 

Je dois dire qu'à chaque fois, même après avoir passé la première phase de béatitude un peu naive, je me laisse émouvoir par la puissance de la samba et l'empathie des brésiliens.




Povo Brasileiro, eu te amo.